Fracture du scaphoïde
Le poignet est constitué de huit os regroupés en deux rangées distinctes, la première rangée est articulée avec le radius et le cubitus en haut, et la deuxième rangée est articulée en bas avec les métacarpiens.
La première rangée est constituée de trois os dont le scaphoïde est le plus externe (du côté du pouce). Il est un des plus grands des os du carpe (poignet), et a pour particularité d'avoir une grande mobilité et d'être trés vulnérable lors des traumatismes du poignet, le scaphoïde est l'os du carpe le plus souvent fracturé.
Le mécanisme de fracture du scaphoïde est variable, et survient lors de chutes avec réception sur le poignet en extension.
Les fractures du scaphoïde doivent être recherchées avec insistance lors de tout traumatisme du poignet, lorsqu'elles sont traitées précocément la consolidation est plus facilement obtenue.
Lorsque la fracture n'a pas été diagnostiquée, elle ne se consolide pas, et aboutit à une pseudarthrose (absence de consolidation) chronique dont le traitement est plus difficile et aléatoire.
Le diagnostic de fracture
Lors d'une chute avec réception sur le poignet ou lors d'un traumatisme où d'autres fractures dominent la scène, il faut rechercher des signes qui orienteront vers cette pathologie.
- Douleur dans la région
- Douleur dans le fond de la tabatière anatomique
- Douleur à la supination ou à la pronation forcée du poignet contre résistance
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Oedème du poignet à la face dorsale
Les examens complémentaires utiles
Il faut faire des clichés standards du poignet face et profil, et les incidences dites du scaphoïde à la recherche d'un trait de fracture. En cas de doute (radios normales, ou douteuses, associées à des signes cliniques suspects) il faut mettre en place une attelle de poignet et refaire des clichés 8 à 10 jours plus tard : le poignet aura dégonflé et l'examen radiologique sera facilité.
Si le doute persiste, il faut éventuellement faire quelques coupes scanner pour confirmer ou éliminer la fracture.
Les fractures du scaphoïde sont douloureuses seulement quelques jours, et le risque est de ne pas diagnostiquer la fracture.
On peut également réaliser une scintigraphie osseuse.
Le traitement
Il faut distinguer deux cas de fracture :
Les fractures non déplacées : Un traitement orthopédique (résine prenant le poignet et la première phalange du pouce) est préconisé. La durée de l'immobilisation dépend de la consolidation radiologique, mais en règle entre 2 et 3 mois plus la fracture proche du radius, plus la durée de consolidation est longue. Il faut faire une exception au fracture trés hautes : même non déplacées elles seront opérées pour être stabilisée.
Actuellement, il se développe une tendance à la synthèse par vis des fractures même non déplacées dans le but déviter une immobilisation : la technique doit être rigoureuse et précise.
Les fractures déplacées : Elle doivent être opérées. Le but du traitement chirurgical est de réduire le déplacement de la fracture et de la stabiliser par du matériel : broches, vis, agrafes... Le fait de mettre en place du matériel névite pas toujours une immobilisation complémentaire : la durée en est variable.
Les risques évolutifs
Les fractures non diagnostiquées : Elles évoluent vers la pseudarthrose, elle sera de découverte fortuite lors d'un examen radiologique fait au décours d'un autre traumatisme quelques fois aprés plusieurs années d'évolution. Le poignet n'était pas forcément douloureux. Ces pseudarthroses nécessitent un traitement chirurgical (greffe osseuse et synthèse). Leur évolution spontanée se fait dans un délai de 10 à 15 ans vers l'arthrose du poignet.
Les fractures opérées : Dans la grand majorité des cas elles consolident. Quelques fois, elles aboutissent à une pseudarthrose qui peut être liée au type de fracture (trés proximale) à une immobilisation insuffisante, à l'ablation du matériel... ce qui justifie la rigueur dans la technique de synthèse, et dans la surveillance post-opératoire clinique et radiologique. Un vissage per cutané peut être envisagé.